.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
Il faut toujours être ivre. Tout est là, c'est l'unique question.Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trève.
Mais de quoi?De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise, mais enivrez-vous!
Et si quelque fois, sur les marches d'un palais, dans l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est, et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront: "il est l'heure de s'enivrer. Pour n'être pas les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise"
.Mais de quoi?De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise, mais enivrez-vous!
Et si quelque fois, sur les marches d'un palais, dans l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est, et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront: "il est l'heure de s'enivrer. Pour n'être pas les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise"
.
.
.
.
ChArlEs BauDelAiRe



